Auxiliaires et verbes
Définition
Il y a deux catégories d’éléments verbaux qui peuvent entrer dans la composition d’un GV : les auxiliaires et les verbes.
Les auxiliaires se définissent par deux caractéristiques syntaxiques que les verbes n’ont pas.
- Leur négation se forme par l’ajout de not, contracté en n’t dans
isn’t,can’t, etc. - Ils permettent le passage de la forme déclarative à la forme interrogative par inversion avec le groupe sujet :
Your brother can swim. Can your brother swim ?
Les 11 éléments suivants répondent à cette définition : be, have, can, may, must, will, shall, ought, need, dare. Notons toutefois que certains comme be et have fonctionnent tantôt comme des auxiliaires, tantôt comme des verbes.
Les formes du verbe
Prenons eat. On peut trouver ce verbe sous cinq formes :
- eat, la base verbale (représentée par V). Elle est utilisée pour le présent simple, le subjonctif, l’impératif et l’infinitif.
- eats, la forme verbe + -s (V-s), employée pour la 3e personne du singulier du présent simple.
- ate, le prétérit (V-ed).
- eating, la forme en -ING (V-ing).
- eaten, le participe passé (V-en).
Il faut distinguer l’infinitif sans to, ou infinitif proprement dit, et l’infinitif précédé de to, ou to + V.
Valeurs sémantiques des formes du verbe
Les cinq formes du verbe sont différentes façons de voir un événement (i.e. l’ensemble de ce qui est désigné par une proposition). Un événement peut désigner un fait correspondant à une action (He opened the door) ou un fait de nature “statique” (I like chocolate, Cats are carnivorous).
Forme V (verbe seul). Un verbe pris seul désigne une notion. Lorsqu’un verbe est base verbale, aucune limitation n’est introduite dans la notion ou dans l’événement désigné par la proposition (
I eat apples, donc si le verbe a un sujet et des compléments). Lorsqu’on emploie une base verbale seule, c’est un point de vue global, la proposition est considérée “en bloc”.Formes V-s et V-ed. Les éléments -s et -ed ne modifient pas la globalité du point de vue exprimé par V. Elles expriment également une vision globale de l’événement.
Forme TO + V. Le mot to exprime fondamentalement un “mouvement vers”. Mais il ne s’agit pas nécessairement d’un mouvement au sens concret du terme, d’un mouvement dans l’espace, il peut s’agir d’un mouvement abstrait. C’est le cas avec *to** + V, où to exprime, métaphoriquement, un mouvement vers la réalisation d’un événement.
Forme V-ing. L’énonciateur se place mentalement pendant l’événement. V-ing exprime un regard sur un événement en un point quelconque de son déroulement. (Nous verrons plus tard que ce point peut être déterminé, unique ou multiple, fixe ou mobile, etc.).
Forme V-en. On se place après l’événement, on effectue un retour en arrière. Il peut se faire sur un événement terminé (
He has broken his arm) ou sur un événement qui dure encore au moment présent et n’est pas forcément terminé (He has lived in London for 10 years).
Formes des auxiliaires
Les formes seront détaillées plus loin, nous ferons ici des remarques d’ordre général.
- L’auxiliaire do et les modaux sont “défectifs” : ils ne possèdent pas d’autres formes qu’un présent et/ou un prétérit.
- La plupart des auxiliaires ont des formes réduites. Must est prononcé soit /m∧st/ (forme pleine), soit /məs/ ou /ms/ (formes réduites). Il existe dans la langue écrite une opposition forme contractée/non contractée (I’m/I am) qui correspond à l’opposition entre la ou les formes réduites et la forme pleine. Le choix entre ces deux formes obéit aux 2 principes suivants :
- Les formes réduites appartiennent à la langue non recherchée (dans le langage parlé courant, la forme
I’m readyest la norme). - Les formes réduites sont exclues quand l’auxiliaire n’est pas suivi du reste du GV ou lorsqu’il en est séparé par une incise ou toute forme de rupture (
She has, by the way, finished the job).
- Les formes réduites appartiennent à la langue non recherchée (dans le langage parlé courant, la forme
Modes et temps
Le GV peut être à un mode personnel ou impersonnel (i.e. mode fini et mode non fini). Les modes personnels sont ceux où le GV a nécessairement un sujet : il s’agit de l’indicatif, du subjonctif et de l’impératif. Les modes impersonnels sont l’infinitif (précédé ou non de to), la forme V-ing et le participe passé.
On ne va considérer ici que les GV à l’indicatif et à la voix active.
Traitons d’abord des formes assertives (i.e. déclaratives positives). Rappel :
| Exemple | Forme |
|---|---|
| forme assertive (i.e. forme déclarative positive) | |
| forme déclarative négative | |
| forme interrogative positive | |
| forme interro-négative | |
| forme emphatique |
On appellera formes simples du GV les formes comprenant seulement un verbe (sans auxiliaire) et formes composées les constructions avec un ou plusieurs auxiliaires.
Le tableau ci-dessous représente les différents types de formes simples et composées du GV.
| Formes simples | Présent | John works. |
| Prétérit | John worked. | |
| Verbe + HAVE + -EN | Présent | John has worked. |
| Prétérit | John had worked. | |
| Verbe + BE + -ING | Présent | John is working. |
| Prétérit | John was working. | |
| Verbe + HAVE + -EN + BE + -ING | Présent | John has been working. |
| Prétérit | John had been working. | |
| Verbe + modal | Présent | John may work. |
| Prétérit | John might work. | |
| Verbe + modal + HAVE + -EN | Présent | John may have worked. |
| Prétérit | John might have worked. | |
| Verbe + modal + BE + -ING | Présent | John may be working. |
| Prétérit | John might be working. | |
| Verbe + modal + HAVE + -EN + BE + -ING | Présent | John may have been working. |
| Prétérit | John might have been working. |
Ce tableau appelle plusieurs commentaires.
Toutes les formes résultent de la formule qui suit :
tense + (modal) + (HAVE + -EN) + (Be + -ING) + VComme on le voit, tout GV à l’indicatif est nécessairement au présent ou au prétérit. Du point de vue syntaxique, il n’y a en anglais que ces deux temps (rappel :
tensedésigne un temps syntaxique).
- La marque du temps est nécessairement portée par le premier élément du GV. Elle ne peut figurer qu’une fois dans un même GV.
- En plus de la marque du temps, le premier élément du GV porte (le cas échéant) la marque de l’accord sujet-verbe.
- *have** + -EN et be + -ING sont des formes “discontinues” (constituées de 2 éléments séparés).
- Les éléments du GV ne peuvent se combiner que dans l’ordre indiqué par le tableau. Si modal il y a, il vient obligatoirement en tête et ne peut être suivi par un autre modal, viennent ensuite éventuellement have + -EN puis be + -ING.
Parmis les formes composées, il faut inclure le passif, qui ajoute be + -EN aux autres éléments du GV.
L’auxiliaire DO
Pour les formes verbales simples assertives (John works/worked), le passage à une forme négative, interrogative ou emphatique exige l’ajout de do (Does/Did John work ? John does/did work.)
Do a deux propriétés importantes : il n’existe qu’au présent et au prétérit, et il exclut la présence de tout autre auxiliaire (il est donc incompatible avec have + -EN, be + -ING et tout modal).
| Présent (sauf 3e pers.sing.) | Présent (3e pers. sing.) | Prétérit | |
| Forme positive | do | does | did |
| Forme négative pleine | do not | does not | did not |
| Forme négative réduite | don’t | doesn’t | didn’t |
Rôle de l’auxiliaire dans certaines constructions
Il faut souligner le rôle important que joue le premier auxiliaire du GV (ou, dans des énoncés comme He doesn’t work, l’auxiliaire unique).
Cet auxiliaire a deux fonctions syntaxiques : il sert de support à la marque du temps et il occupe une place particulière dans un certain nombre de structures.
Structure auxiliaire-sujet
Cette forme est employée en particulier pour la construction interrogative. Le schéma de la construction interrogative est le suivant :
| (Groupe interrogatif) | + auxiliaire | + groupe sujet | (+… ?) |
|---|---|---|---|
Si le mot interrogatif (ou l’expression interrogative) est sujet de la phrase, le schéma ci-dessus ne peut s’appliquer et on utilise (comme en français) la construction de la phrase déclarative.
Who broke this lamp ?
Attention à ne pas confondre par exemple Who saw you ? et Who did you see ?
Constructions négatives
Il s’agit d’une construction utilisant la négation not, laquelle s’appuie obligatoirement sur un auxiliaire. Les négations autres que not ne déclenchent pas l’emploi de do au présent/prétérit simples : he doesn’t smoke vs he never smokes.
Autre règle importante : not est obligatoirement placé après le premier auxiliaire.
He may not have been at home et surtout pas He may have not been at home.
Constructions interro-négatives
Cette construction, qui associe à not la structure “auxiliaire-sujet”, pose le problème de la place de la négation. Si le sujet est un pronom, il y a deux possibilités :
Isn’t he English ? NB: avec cet ordre des mots, la contraction est obligatoire.
Is he not English ? NB: niveau de langue recherché ou volonté d’insistance sur la négation.
Si le sujet n’est pas un pronom, on peut trouver, dans un style recherché ou dans une volonté d’insister sur la négation, la tournure Is not the writer English ?, mais on utilisera plus souvent le même ordre des mots qu’avec un pronom (i.e. Isn’t the writer English ? Is the writer not English ?).
Constructions emphatiques
“I don’t know if he enjoyed the party.” “Oh, I’m sure he did enjoy it.”
Nous verrons plus tard que cette construction n’exprime pas forcément une “insistance”.
Reprise par auxiliaires : généralités
Les reprises par auxiliaire sont formées avec un GN sujet et un auxiliaire. Sauf cas particuliers indiqués plus loin, tout ce qui suit le premier auxiliaire est effacé.
Will Jane wait for him ? Yes, she will. / No, she won’t.
La forme des reprises par auxiliaire permet de jouer sur le GN (reprise du même GN ou introduction d’un nouveau), et sur l’orientation (positive ou négative ou encore question). Par ailleurs, la reprise peut être faite soit pas le même locuteur, soit par un autre. Tout cela produit des effets divers : confirmation, dénégation, doute, indignation, etc.
- Au présent et au prétérit simples, on doit utiliser l’auxiliaire do.
- Dans la construction
there is/are/ …,therejoue le rôle syntaxique de sujet, c’est lui qui est repris. - Les indéfinis au singulier (
somebody, etc.) sont habituellement repris par le pronomtheyet, dans la reprise elle-même, l’accord de l’auxiliaire se fait aussi au pluriel (Nobody has finished, have they ?).
Be et have ont un fonctionnement particulier dans ces constructions : dans de nombreux cas, ils ne peuvent pas être omis à la suite du premier auxiliaire. On omet seulement ce qui suit be / have. Ceci concerne essentiellement be suivi d’un attribut du sujet, et have auxiliaire du parfait.
Nora likes that film very much. How can she ?
Nora ’s very enthusiastic about that film. How can she be ?
I’m sure he doesn’t like it. Why should he ?
I’m sure he isn’t pleased. Why should he be ?
De la même façon, on ne pourrait pas omettre have ou have been dans :
They didn’t complain, but they should have.
Ici, but they should équivaudrait à “ils devraient” et non à “ils auraient dû”.
Were they scared ? Well, they must have been.
Dans le doute, il est plus prudent de ne pas omettre be / have, le seul risque sera la lourdeur de la construction.
Types essentiels de construction avec reprise par auxiliaire
(L’accent principal de groupe intonatif est indiqué par les majuscules, la flèche précédente indique l’intonation.)
Réponses abrégées (i.e. short answers)
“I wonder if he liked the film.” “I’m sure he ↘DID.”
“I’m afraid Ken didn’t like the film.” “But he ↘DID!”
..- Mais si ! Een français, le passage du négatif au positif est indiqué par “si”, et en anglais par l’accentuation de l’auxiliaire.
“Are there any difficulties ?” “Yes, there ↘ARE.”
Question posée par l’interlocuteur
“I’ve sold my motorbike.” “Have you ?”
Les termes déjà introduits sont repris sous forme de question. L’intonation peut être montante ou descendante. On obtient donc des sens très variés : faible intérêt (Ah bon ?), faible surprise (Vraiment ? Tiens donc.), mise en doute, grande surprise, indignation (Pas possible ! Sans blague !).
Modification de tous les termes (orientation et sujet)
“I think Ken liked the film.” “But ↘TIna ↗DIDn’t. / ↘TIna ↘DIDn’t.”
“Ken didn’t like the film, but ↘I ↗DID. / ↘I ↘DID.”
Remarquez la possibilité d’une double accentuation, qui correspond à l’introduction d’un nouveau GN sujet en même temps que d’une nouvelle orientation. L’énonciateur ouvre ou ferme la discussion selon l’intonation du dernier élément.
Construction so + GN sujet + auxiliaire
Sert à exprimer une confirmation étonnée. L’interlocuteur reprend (mais sous la forme d’un pronom et d’un auxiliaire) tous les termes introduits précédemment :
“Someone has been trying to open the door.” “So they ↘HAVE !” Quelqu’un a essayé d’ouvrir la porte. -En effet ! / Mais c’est vrai !
Reprises interrogatives (“question tags”), cas général
Il n’y a pas de changement de locuteur. L’intonation est descendante quand il ne s’agit pas véritablement d’une question (appel à l’interlocuteur pour attirer son attention, obtenir une simple confirmation, etc.).
“Fred likes tennis, ↘DOESn’t he ? / ↗DOESn’t he ?” Fred aime le tennis, hein ? / non ? / n’est-ce pas ? / pas vrai ?
“Nice morning, ↘ISn’t it ?” Intonation obligatoirement descendante, il ne peut s’agir d’une vraie question.
Les “question tags” sont beaucoup plus utilisés que leurs équivalents français. En règle générale, la reprise est négative (interro-négation) après un GV positif, et positive après un GV négatif (ou contenant une idée de négation, avec des mots tels que hardly ou few : “there was very little traffic, was there ?).
Reprises interrogatives, cas particuliers
Pour produire certains effets tels que l’ironie ou la surprise, on peut faire suivre un GV positif par une reprise également positive, c’est ce qu’on appelle les “same way tags”.
“So you’ve lost your ↘PASSport, ↗HAVE you ?”
Autre cas particulier de “same way tags”, la reprise est précédée de or et sert à introduire un doute dans ce qui vient d’être affirmé.
“He had decided to leave. Or ↘HAD he? Two days later he was still there.”
Dans la langue familière, il existe une forme de reprise voisine du “question tag” (elle est en fait exclamative mais parfois proche de l’interrogation).
“He gave them a piece of mind, Tim did!”
Il y a une différence de forme avec les “question tags” : la reprise est formée par un GN qui explicite le pronom sujet de la proposition précédente, et ce GN précède l’auxiliaire.
Si l’auxiliaire est BE, on peut cependant avoir l’ordre interrogatif :
“He was a dying breed, was Cruz, Carriscant reflectef.” (W. Boyd, The Blue Afternoon)
Question avec changement de sujet
On pose une vraie question (avec une intonation montante), à propos d’un nouveau GN sujet.
“I prefer this one. Don’t ↗YOU ?” Je préfère celui-ci. Pas vous ?
La question peut également porter sur l’identité du sujet.
“He’d like to meet you, by the way.” “WHO does ?”
Ajout d’une remarque, avec changement d’auxiliaire
“I’ve never played football, and I never ↘WILL.”
Construction so / neither / nor + auxiliaire + GN sujet
NB : Ne pas confondre avec la construction so + GN sujet + auxiliaire.
Le locuteur peut être le même, ou différent. Reprise de l’orientation (oui/non) mais changement du GN sujet, mis en relief en fin de phrase grâce à l’inversion. So / neither / nor et l’auxiliaire portent un accent secondaire.
“He sent us a postcard, and ‘so ‘did his ↘BROther.”
“They haven’t got a car.” “ ‘Neither / ‘Nor ‘have ↘WE.”
Construction GN sujet + auxiliaire + too / either
Sens identique à celui de la construction précédente.
“He sent us a postcard, and his ‘brother ‘did ↘TOO.”