Révisions LLCE

Auxiliaires et verbes

Définition

Il y a deux catégories d’éléments verbaux qui peuvent entrer dans la composition d’un GV : les auxiliaires et les verbes.

Les auxiliaires se définissent par deux caractéristiques syntaxiques que les verbes n’ont pas.

Les 11 éléments suivants répondent à cette définition : be, have, can, may, must, will, shall, ought, need, dare. Notons toutefois que certains comme be et have fonctionnent tantôt comme des auxiliaires, tantôt comme des verbes.

Les formes du verbe

Prenons eat. On peut trouver ce verbe sous cinq formes :

Il faut distinguer l’infinitif sans to, ou infinitif proprement dit, et l’infinitif précédé de to, ou to + V.

Le mot to joue un rôle particulier : parfois c’est une préposition (I’m going to London), parfois c’est la particule infinitive. Il faut distinguer ces deux valeurs syntaxiques mais ne pas oublier que le changement de valeur syntaxique ne change pas le sens fondamental de to (à savoir un “mouvement vers”), que l’on retrouve dans la préposition et dans la particule infinitive.

Valeurs sémantiques des formes du verbe

Les cinq formes du verbe sont différentes façons de voir un événement (i.e. l’ensemble de ce qui est désigné par une proposition). Un événement peut désigner un fait correspondant à une action (He opened the door) ou un fait de nature “statique” (I like chocolate, Cats are carnivorous).

Formes des auxiliaires

Les formes seront détaillées plus loin, nous ferons ici des remarques d’ordre général.

Modes et temps

Le GV peut être à un mode personnel ou impersonnel (i.e. mode fini et mode non fini). Les modes personnels sont ceux où le GV a nécessairement un sujet : il s’agit de l’indicatif, du subjonctif et de l’impératif. Les modes impersonnels sont l’infinitif (précédé ou non de to), la forme V-ing et le participe passé.

On ne va considérer ici que les GV à l’indicatif et à la voix active.

Traitons d’abord des formes assertives (i.e. déclaratives positives). Rappel :

Exemple Forme
He likes jazz. forme assertive (i.e. forme déclarative positive)
He doesn’t like jazz. forme déclarative négative
Does he like jazz ? forme interrogative positive
Doesn’t he like jazz ? forme interro-négative
He does like jazz. forme emphatique

On appellera formes simples du GV les formes comprenant seulement un verbe (sans auxiliaire) et formes composées les constructions avec un ou plusieurs auxiliaires.

Le tableau ci-dessous représente les différents types de formes simples et composées du GV.

Formes simples Présent John works.
Prétérit John worked.
Verbe + HAVE + -EN Présent John has worked.
Prétérit John had worked.
Verbe + BE + -ING Présent John is working.
Prétérit John was working.
Verbe + HAVE + -EN + BE + -ING Présent John has been working.
Prétérit John had been working.
Verbe + modal Présent John may work.
Prétérit John might work.
Verbe + modal + HAVE + -EN Présent John may have worked.
Prétérit John might have worked.
Verbe + modal + BE + -ING Présent John may be working.
Prétérit John might be working.
Verbe + modal + HAVE + -EN + BE + -ING Présent John may have been working.
Prétérit John might have been working.

Ce tableau appelle plusieurs commentaires.

Les éléments have + -EN ou *be** + -ING, will, shall, etc. ne sont pas des temps : on voit d’ailleurs que le présent ou le prétérit ne font que s’ajouter à eux. Il n’existe pas de temps syntaxique futur ou conditionnel : would est simplement la forme prétérit de will, should la forme prétérit de shall, etc.

Parmis les formes composées, il faut inclure le passif, qui ajoute be + -EN aux autres éléments du GV.

L’auxiliaire DO

Pour les formes verbales simples assertives (John works/worked), le passage à une forme négative, interrogative ou emphatique exige l’ajout de do (Does/Did John work ? John does/did work.)

Do a deux propriétés importantes : il n’existe qu’au présent et au prétérit, et il exclut la présence de tout autre auxiliaire (il est donc incompatible avec have + -EN, be + -ING et tout modal).

Présent (sauf 3e pers.sing.) Présent (3e pers. sing.) Prétérit
Forme positive do does did
Forme négative pleine do not does not did not
Forme négative réduite don’t doesn’t didn’t
Il ne faut pas confondre l’auxiliaire do avec le verbe do. Comme tous les verbes, ce dernier exige dans certains cas l’emploi de l’auxiliaire do : What do you do for a living ?

Rôle de l’auxiliaire dans certaines constructions

Il faut souligner le rôle important que joue le premier auxiliaire du GV (ou, dans des énoncés comme He doesn’t work, l’auxiliaire unique).

Cet auxiliaire a deux fonctions syntaxiques : il sert de support à la marque du temps et il occupe une place particulière dans un certain nombre de structures.

Structure auxiliaire-sujet

Cette forme est employée en particulier pour la construction interrogative. Le schéma de la construction interrogative est le suivant :

(Groupe interrogatif) + auxiliaire + groupe sujet (+… ?)
How many cigs did your brother smoke ?

Si le mot interrogatif (ou l’expression interrogative) est sujet de la phrase, le schéma ci-dessus ne peut s’appliquer et on utilise (comme en français) la construction de la phrase déclarative.

Who broke this lamp ?

Attention à ne pas confondre par exemple Who saw you ? et Who did you see ?

Contrairement au français, l’anglais n’utilise pas vraiment les questions à la forme déclarative. Dans la plupart des situations, on utilisera Are you ready ? et non You are ready ? (qui a une forte orientation positive et n’est que peu éloigné de l’affirmation).

Constructions négatives

Il s’agit d’une construction utilisant la négation not, laquelle s’appuie obligatoirement sur un auxiliaire. Les négations autres que not ne déclenchent pas l’emploi de do au présent/prétérit simples : he doesn’t smoke vs he never smokes. Autre règle importante : not est obligatoirement placé après le premier auxiliaire. He may not have been at home et surtout pas He may have not been at home.

Constructions interro-négatives

Cette construction, qui associe à not la structure “auxiliaire-sujet”, pose le problème de la place de la négation. Si le sujet est un pronom, il y a deux possibilités :

Isn’t he English ? NB: avec cet ordre des mots, la contraction est obligatoire.

Is he not English ? NB: niveau de langue recherché ou volonté d’insistance sur la négation.

Si le sujet n’est pas un pronom, on peut trouver, dans un style recherché ou dans une volonté d’insister sur la négation, la tournure Is not the writer English ?, mais on utilisera plus souvent le même ordre des mots qu’avec un pronom (i.e. Isn’t the writer English ? Is the writer not English ?).

Pour la première personne du singulier de be, la forme interro-négative contractée est aren’t I /’αːntaɪ/ : à Am I not English ? (niveau de langue recherché) correspond Aren’t I English ? (niveau de langue non recherché).

Constructions emphatiques

“I don’t know if he enjoyed the party.” “Oh, I’m sure he did enjoy it.”

Nous verrons plus tard que cette construction n’exprime pas forcément une “insistance”.

Reprise par auxiliaires : généralités

Les reprises par auxiliaire sont formées avec un GN sujet et un auxiliaire. Sauf cas particuliers indiqués plus loin, tout ce qui suit le premier auxiliaire est effacé.

Will Jane wait for him ? Yes, she will. / No, she won’t.

La forme des reprises par auxiliaire permet de jouer sur le GN (reprise du même GN ou introduction d’un nouveau), et sur l’orientation (positive ou négative ou encore question). Par ailleurs, la reprise peut être faite soit pas le même locuteur, soit par un autre. Tout cela produit des effets divers : confirmation, dénégation, doute, indignation, etc.

Be et have ont un fonctionnement particulier dans ces constructions : dans de nombreux cas, ils ne peuvent pas être omis à la suite du premier auxiliaire. On omet seulement ce qui suit be / have. Ceci concerne essentiellement be suivi d’un attribut du sujet, et have auxiliaire du parfait.

Nora likes that film very much. How can she ?

Nora ’s very enthusiastic about that film. How can she be ?

I’m sure he doesn’t like it. Why should he ?

I’m sure he isn’t pleased. Why should he be ?

De la même façon, on ne pourrait pas omettre have ou have been dans :

They didn’t complain, but they should have.

Ici, but they should équivaudrait à “ils devraient” et non à “ils auraient dû”.

Were they scared ? Well, they must have been.

Dans le doute, il est plus prudent de ne pas omettre be / have, le seul risque sera la lourdeur de la construction.

Dans certaines variétés d’anglais, notamment l’anglais britannique, on peut remplacer ce qui suit l’auxiliaire par do : So far he has never asked that question, but next time he might do.

Types essentiels de construction avec reprise par auxiliaire

(L’accent principal de groupe intonatif est indiqué par les majuscules, la flèche précédente indique l’intonation.)

Réponses abrégées (i.e. short answers)

“I wonder if he liked the film.” “I’m sure he ↘DID.”

“I’m afraid Ken didn’t like the film.” “But he ↘DID!”

..- Mais si ! Een français, le passage du négatif au positif est indiqué par “si”, et en anglais par l’accentuation de l’auxiliaire.

“Are there any difficulties ?” “Yes, there ↘ARE.”

Cas particulier : reprise interro-négative pour exprimer une approbation avec une intonation obligatoirement descendante et parfois à la suite d’une reprise déclarative. “The weather’s really gorgeous !” “Yes, it is, ↘ISn’t it ?”

Question posée par l’interlocuteur

“I’ve sold my motorbike.” “Have you ?”

Les termes déjà introduits sont repris sous forme de question. L’intonation peut être montante ou descendante. On obtient donc des sens très variés : faible intérêt (Ah bon ?), faible surprise (Vraiment ? Tiens donc.), mise en doute, grande surprise, indignation (Pas possible ! Sans blague !).

Modification de tous les termes (orientation et sujet)

“I think Ken liked the film.” “But ↘TIna ↗DIDn’t. / ↘TIna ↘DIDn’t.”

“Ken didn’t like the film, but ↘I ↗DID. / ↘I ↘DID.”

Remarquez la possibilité d’une double accentuation, qui correspond à l’introduction d’un nouveau GN sujet en même temps que d’une nouvelle orientation. L’énonciateur ouvre ou ferme la discussion selon l’intonation du dernier élément.

Construction so + GN sujet + auxiliaire

Sert à exprimer une confirmation étonnée. L’interlocuteur reprend (mais sous la forme d’un pronom et d’un auxiliaire) tous les termes introduits précédemment :

“Someone has been trying to open the door.” “So they ↘HAVE !” Quelqu’un a essayé d’ouvrir la porte. -En effet ! / Mais c’est vrai !

Reprises interrogatives (“question tags”), cas général

Il n’y a pas de changement de locuteur. L’intonation est descendante quand il ne s’agit pas véritablement d’une question (appel à l’interlocuteur pour attirer son attention, obtenir une simple confirmation, etc.).

“Fred likes tennis, ↘DOESn’t he ? / ↗DOESn’t he ?” Fred aime le tennis, hein ? / non ? / n’est-ce pas ? / pas vrai ?

“Nice morning, ↘ISn’t it ?” Intonation obligatoirement descendante, il ne peut s’agir d’une vraie question.

Les “question tags” sont beaucoup plus utilisés que leurs équivalents français. En règle générale, la reprise est négative (interro-négation) après un GV positif, et positive après un GV négatif (ou contenant une idée de négation, avec des mots tels que hardly ou few : “there was very little traffic, was there ?).

Reprises interrogatives, cas particuliers

Pour produire certains effets tels que l’ironie ou la surprise, on peut faire suivre un GV positif par une reprise également positive, c’est ce qu’on appelle les “same way tags”.

“So you’ve lost your ↘PASSport, ↗HAVE you ?”

Autre cas particulier de “same way tags”, la reprise est précédée de or et sert à introduire un doute dans ce qui vient d’être affirmé.

“He had decided to leave. Or ↘HAD he? Two days later he was still there.”

Dans la langue familière, il existe une forme de reprise voisine du “question tag” (elle est en fait exclamative mais parfois proche de l’interrogation).

“He gave them a piece of mind, Tim did!”

Il y a une différence de forme avec les “question tags” : la reprise est formée par un GN qui explicite le pronom sujet de la proposition précédente, et ce GN précède l’auxiliaire. Si l’auxiliaire est BE, on peut cependant avoir l’ordre interrogatif :

“He was a dying breed, was Cruz, Carriscant reflectef.” (W. Boyd, The Blue Afternoon)

Question avec changement de sujet

On pose une vraie question (avec une intonation montante), à propos d’un nouveau GN sujet.

“I prefer this one. Don’t ↗YOU ?” Je préfère celui-ci. Pas vous ?

La question peut également porter sur l’identité du sujet.

“He’d like to meet you, by the way.” “WHO does ?”

Ajout d’une remarque, avec changement d’auxiliaire

“I’ve never played football, and I never ↘WILL.”

Construction so / neither / nor + auxiliaire + GN sujet

NB : Ne pas confondre avec la construction so + GN sujet + auxiliaire.

Le locuteur peut être le même, ou différent. Reprise de l’orientation (oui/non) mais changement du GN sujet, mis en relief en fin de phrase grâce à l’inversion. So / neither / nor et l’auxiliaire portent un accent secondaire.

“He sent us a postcard, and ‘so ‘did his ↘BROther.”

“They haven’t got a car.” “ ‘Neither / ‘Nor ‘have ↘WE.”

Construction GN sujet + auxiliaire + too / either

Sens identique à celui de la construction précédente.

“He sent us a postcard, and his ‘brother ‘did ↘TOO.”