Révisions LLCE

Prétérit

Forme régulière du prétérit simple

I / he / we worked (base verbale + terminaison -ed)

Prononcer le -ed du prétérit

/ɪd/ ou /əd/ (selon variété d’anglais) /t/ /d/
après les sons /t/ ou /d/ après les consonnes sourdes /p/ /k/ /f/ etc. après les consonnes sonores /b/ /g/ /v/ etc. et après les voyelles

Le choix entre /t/ et /d/ dépend de la facilité de prononciation.

Attention à la forme écrite des verbes dont la base verbale se termine par la lettre -r. Quelle que soit la variété d’anglais, la terminaison -ed se réalise /d/ avec ces verbes et il ne faut pas ajouter de voyelle devant ce /d/.

remember : /rɪ’membə/ → remembered : /rɪ’membəd/

Cas particuliers orthographiques

Sens et emploi

Le prétérit, par opposition au présent, fait apparaître ce qui est représenté par le verbe ou l’auxiliaire comme non réel au moment présent. Cette non-réalité peut prendre plusieurs formes, c’est ce qui détermine les catégories d’emploi du prétérit.

Il faut distinguer deux grandes catégories : les emplois temporels (valeur de passé) et les emplois non temporels (valeur hypothétique).

Valeur de passé

Notons que de nombreuses questions soulevées par ces emplois concernent l’opposition entre prétérit simple et prétérit en BE + -ING, et le prétérit simple et le present perfect. Ces questions seront abordées dans les chapitres suivants. Les problèmes particuliers que pose l’emploi du prétérit avec les modaux et les expressions de modalité seront également traitées dans les prochains chapitres.

On peut diviser les emplois temporels en deux sous-catégories : le passé de narration et le passé de discours indirect.

Passé de narration

Prenons un énoncé comme Ted smoked cigars. Cet énoncé n’est concevable que s’il est associé à un repère temporel (last year, when he was young, etc.) et peut, implicitement, correspondre à plusieurs types de non-réalité par rapport au moment présent. La non-réalité peut porter de façon directe sur l’événement que désigne l’énoncé : dans ce cas, on sous-entend tout bonnement que Ted ne fume plus de cigares. Elle peut également avoir un caractère plus ou moins indirect par rapport à l’événement désigné : ce qui est implicite sera, par exemple, que Ted est mort ou qu’on a perdu tout contact avec lui (ce qui n’exclut pas qu’il fume encore des cigares).

Plus généralement, on peut dire que le prétérit temporel présente l’événement comme appartenant à une situation qui n’a plus de réalité au moment présent.

Un autre aspect important du prétérit simple est qu’il exprime une vision globale sur l’événement. Il s’oppose sur ce point au prétérit BE + -ING. Les catégories d’epmloi sont majoritairement parallèles à celles du présent simple :

John Ducane looked into the eyes of Jessica Bird. Jessica’s eyes slowly filled with tears. Ducane looked away, sideways, downward. (I. Murdoch, The Nice and the Good)

Il existe un emploi du prétérit dans une zone où il est en concurrence avec le present perfect : Look, you broke the armchair ! I already saw this film. Dans cet emploi (qui ne doit être imité qu’avec prudence), le point de vue privilégie le caractère passé de l’événement plutôt que sa relation avec le moment présent.

He knew the answer.

Most dinosaurs ate grass.

John smoked.

Ted walked to work every morning.

John had to leave early, his train left at 6.35.

I decided that I’d tell him if I saw him.

Le prétérit ne peut pas situer un élément dans le temps à lui seul, il faut impérativement un repère temporel. Ce dernier peut être explicite (In 1990, John lived in London.) ou implicite (The Gauls lived in huts.). Il peut être précis (date, heure, etc.) ou assez vague (formerly = autrefois, in past centuries = dans les siècles passés, etc.). Les formules avec ago (ou back dans une langue plutôt familière) constituent l’un des moyens d’établir un repère temporel.

We met two years ago.

She left a few weeks back. (D. Lodge, Small World)

Passé de discours indirect

A propos du passage de discours direct à indirect (vous trouverez un récapitulatif un peu plus loin), il existe une règle qu’on appelle la concordance des temps, et qui est assez similaire à celle employée en français pour les formes en “-ais” (i.e. imparfait et conditionnel).

Énoncé rapporté au discours direct Énoncé rapporté au discours indirect
Mary said, “John likes tea.” Mary said that john liked tea.
Leo said, “Tina can speak Greek.” Leo said that Tina could speak Greek.

On peut donner une formulation générale de cette règle : si le verbe de la proposition qui introduit le discours indirect est au prétérit (dans les exemples, said), le verbe ou le premier auxiliaire de l’énoncé rapporté sera aussi au prétérit.

Il faut prendre en compte deux cas particuliers :

He said that John likes tea.

Le présent est cependant inutilisable s’il s’agit d’un fait dont la validité est considérée non pas d’une façon générale mais par rapport à un moment particulier : John told me you were there.

Tom said, “I arrived on May 1st.” → Tom said that he had arrived on May 1st.

Toutefois, on conserve le prétérit si l’énonciateur-rapporteur repère l’événement rapporté directement par rapport au présent (et par conséquent s’il ne s’agit pas vraiment d’un passé au second degré).

Somebody told you the new boss arrived yesterday, didn’t they ?

La transformation prétérit → past perfect n’est donc pas automatique quand on rapporte au style indirect un récit situé dans le passé (et qui relate des événements encore antérieurs). Si le contexte rend évident que ces événements sont situés dans un passé au second degré, on peut garder le prétérit de l’énoncé originel.

“The accident happened at about 4 pm,” the witness said. “It was raining.”

→ The witness said that the accident (had) happened at about 4 pm and that it was raining.

De même, on garde le prétérit simple si l’on se réfère à un fait dont la vérité n’est pas liée de façon stricte à un moment particulier du passé.

He asked me, “Was your visitor Irish ?” → He asked me if my visitor was Irish.

Pas de changement non plus pour un passé à valeur hypothétique.

She said, “I wish I lived in France.” → She said she wished she lived in France.

Valeur hypothétique du prétérit

Dans les emplois temporels, l’événement est vu comme non réel au présent mais ayant eu une réalité dans le passé. Pour l’emploi non temporel, l’événement est vu comme imaginaire (souhait, hypothèse, etc.).

If only I knew the answer !

If I won the lottery…

Ces exemples font apparaître la seconde caractéristique importante du prétérit hypothétique : l’événement est non seulement vu comme imaginaire, mais aussi, à un niveau implicite, comme “contraire à la réalité”. Dans le premier exemple, cette non-réalité est totale (“… mais je ne connais pas la réponse.”), dans le second, elle est seulement partielle (“… mais il est peu probable que je gagne”). Ces deux exemples illustrent les deux valeurs essentielles du prétérit hypothétique : la valeur d’irréel et la valeur de doute.

Valeur d’irréel

Comparons présent et prétérit dans ces deux énoncés :

If he knows the answer, he’ll give it to you. S’il connaît la réponse, il vous la donnera.

If he knew the answer, he’d give it to you. S’il connaissait la réponse, il vous la donnerait.

Dans les deux cas, l’événement a un caractère imaginaire (c’est une hypothèse). La différence est implicite. L’énoncé au présent ne nous dit rien sur le caractère vrai ou faux, dans la réalité, de l’hypothèse. En revanche, l’énoncé au prétérit présuppose que, dans la réalité, cette hypothèse est fausse, c’est à cette présupposition (présupposition d’irréalité) que correspond l’emploi du prétérit.

La présupposition irréelle est parfois liée à un souhait, comme dans les énoncés avec wish, du moins dans une de ses constructions :

I wish I had a dog. J’aimerais / Je regrette de ne pas avoir un chien.

L’énoncé présuppose donc : I don’t have a dog.

L’irréalité peut ne pas concerner directement l’élément verbal qui porte la marque du prétérit. C’est assez fréquent avec les modaux. Comparons Tim may have broken his leg. (Il se peut que Tim se soit cassé la jambe) et Tim might have broken his leg. (utilisé dans le sens “Tim aurait pu se casser la jambe”). Le second énoncé présuppose he didn’t break his leg. La marque de cette présupposition irréelle (prétérit) est portée non pas par le verbe (qui est directement concerné par l’irréalité, i.e. break), mais par le premier auxiliaire du GV - le modal. On peut donc parler ici d’un marquage indirect de la valeur d’irréel.

Valeur de doute

Prenons deux énoncés :

If I win the lottery, I’ll buy myself a watch.

If I won the lottery, I’d buy myself a watch.

Ils peuvent paraître très semblable au premier abord, mais la différence est belle et bien là. C’est plus ou moins la même qu’entre “si je gagne” et “si je gagnais” en français. If I won… implique un doute plus grand sur les chances de réalisation de l’hypothèse, et présuppose quelque chose du type “… mais je ne gagnerai probablement pas.” En outre, If I win… laisse entendre, contrairement à If I won…, que j’ai acheté un billet de loterie.

C’est aussi à cette catégorie qu’appartient le prétérit utilisé dans les expressions It’s time et I’d rather.

It’s (high) time you left.

I’d rather you left.

Il y a dans les deux cas un effet de politesse auquel s’ajoute dans le premier exemple un irréel concernant le présent (“vous n’êtes pas encore parti”).

Le prétérit dit “de politesse”, commun dans les énoncés exprimant un conseil, une suggestion ou encore une requête, s’explique par ce type d’implicite :

You could take more exercise.

Could you / Would you close the door, please ?

Dans les énoncés de ce type, on présuppose que l’action conseillée ou suggérée ne sera peut-être pas accomplie, l’énonciateur semble donc laisser le choix à son interlocuteur, d’où l’effet de politesse.

Abordons pour finir un emploi du prétérit hypothétique qui pose parfois problème aux francophones. On le trouve dans certaines subordonnées :

I think Wieland is a fool and a charlatan and anyone who listened to him would be mad. (W. Boyd, The Blue Afternoon)

L’équivalent français de ..anyone who listened to him est “quiconque l’écouterait”. Deux choses sont à expliquer :

Cette zone floue est assez courante, au final. Si l’on prend You should make more exercise, on trouve une valeur d’irréel (“Vous ne faîtes pas assez d’exercice”) mais aussi une valeur de doute (“Mais vous ne suivrez peut-être pas mon conseil”).

Le prétérit hypothétique peut porter sur le verbe seul et sur tous les types d’auxiliaires, mais c’est seulement avec les auxiliaires modaux que l’emploi hypothétique est possible dans une phrase simple ou une proposition principale : Could you lend me five pounds ?

L’emploi hypothétique dans les subordonnées ne se fait que dans un nombre de cas bien délimité.

  • Dans les propositions introduites par if, as if, as though ou suppose (Suppose he came tonight.)
  • Dans les subordonnées dont la principale est soumise à une hypothèse non réelle.
  • Dans les subordonnées compléments après I wish, I’d rather, it’s time.

Emplois particuliers avec les verbes type WANT

Avec want, wonder ou encore hope, il existe un emploi du prétérit qui justifie un classement à part :

I wanted to ask you a favor.

I was wondering if you could lend me your car.

I was hoping we could have a chat.

On constate que le prétérit ajoute à l’énoncé une hésitation ou un doute implicite. Ils peuvent porter sur au moins deux choses :

C’est donc ici encore l’expression d’une non-réalité qui ne concerne pas directement le verbe ou l’auxiliaire porteurs de la marque prétérit.